Hip, hip, oura ?
Pourquoi j’ai arrêté de porter ma Oura Ring.
J’ai cru qu’une bague connectée m’aiderait à mieux m’écouter. Elle m’a surtout appris à prendre du recul.
Il y a quelques mois, je vous parlais de mon bilan de santé global chez Zoï. J’ai eu envie de prolonger cette réflexion. Toujours la même question en toile de fond : comment mieux comprendre son corps, sans tomber dans le contrôle permanent ?
J’ai acheté ma Oura Ring en novembre 2024, juste après avoir fait mon bilan chez Zoï. Le médecin m’avait parlé d’un stress trop présent, d’un cortisol à mieux réguler. Sur le moment, ça m’a presque surprise. Je ne me suis jamais vraiment considérée comme quelqu’un de “stressé”. Je suis plutôt du genre à intérioriser, encaisser, avancer sans trop m’écouter. Et puis avec le temps, on finit parfois par considérer certains signaux comme normaux : une fatigue diffuse, un sommeil léger, une difficulté à vraiment récupérer. On s’habitue à fonctionner sous tension permanente sans même s’en rendre compte. C’est ce qui m’a donné envie de mieux comprendre ce qu’il se passait réellement dans mon corps.
Vous l’aurez compris, à l’époque j’étais fatiguée, beaucoup de décisions, de sollicitations, un rythme soutenu avec une charge mentale continue. Avec cette sensation un peu floue de ne plus savoir très bien interpréter mes propres signaux. je me suis dit que la bague connectée était le bon outil pour m’aider. Me donner des données simples, factuelles. Pas pour me contrôler, mais pour objectiver — et ajuster.
Jusque là, le seul objet connecté que j’avais testé, c’était l’Apple Watch. Je l’avais achetée un peu sur un coup de tête - surtout parce que j’aimais beaucoup le modèle avec le bracelet milanais. Pas du tout pour suivre ma santé. Je crois qu’elle comptait mes pas, mais je n’avais activé aucune autre donnée. Je l’ai portée quelques mois puis elle a fini dans un tiroir. La voir s’allumer à chaque message me donnait la sensation de ne jamais vraiment décrocher. Comme si mon poignet devenait une extension de ma boîte mail. On est déjà suffisamment sollicités. Je n’avais pas envie d’ajouter une couche. Et puis il y avait le côté très concret : dormir avec était inconfortable, la recharger tous les jours m’agaçait (la batterie durait entre 24 et 48h seulement pour moi!).
Aujourd’hui, avec le sport et notamment la musculation, je vois mieux l’intérêt. Beaucoup de filles que je suis en portent une (Garmin, Apple Watch ou autre) et optimisent leurs séances/progrès grâce aux données. Par moments, ça me tente. Mais à chaque fois, je bloque sur le style. Je n’arrive pas à me projeter avec une montre connectée au quotidien à mon poignet, je n’ai pas un look sportswear donc je trouve que ça ne colle pas.
D’ailleurs, c’est exactement pour ça que j’ai hésité plus d’un an avant d’acheter la Oura Ring. Je n’étais pas totalement convaincue par l’esthétique. Et je me connais : si je ne suis pas sûre à 100 % que c’est “moi”, je ne le porterai pas longtemps.
À l’époque, j’avais même tagué les filles de Kimaï en story en leur disant qu’il faudrait presque en faire un vrai bijou en collaborant avec Oura. Depuis, beaucoup de marques proposent des anneaux pour “habiller” la bague - souvent plus chers que la bague elle-même ! Finalement pour être certaine de la porter, j’ai fait une petite entorse aux recommandations. La marque conseille de la porter à l’index - c’est souvent le doigt le plus large, donc celui qui capte le mieux les données. Mais les bagues à l’index, ce n’est pas moi. Je l’ai mise au majeur. Moins optimal peut-être. Plus cohérent avec mon style.
Et ce qui m’a convaincue par rapport à une montre connectée, au-delà du format plus discret de la bague, c’est le positionnement. Un discours orienté santé, récupération, longévité. Moins performance, sport. Moins compétition. Je ne voulais pas une montre pour partager mes performances, c’était vraiment juste pour moi. Une approche alignée avec ma vision du bien-être : comprendre pour mieux durer.
Concrètement, la bague mesure beaucoup de choses : le sommeil (durée, phases, régularité), la variabilité de la fréquence cardiaque, la température corporelle, le rythme cardiaque au repos. Elle synthétise ensuite ces données en scores : “readiness”, “sleep”, “activity”. La promesse est séduisante : transformer des chiffres en signaux utiles. Se coucher plus tôt. Lever le pied. Adapter son entraînement. Respecter son cycle.
Justement, la fonctionnalité que j’ai de loin préféré, c’est le suivi du cycle. J’ai trouvé la précision assez bluffante. Grâce aux variations de température corporelle captées pendant la nuit, la bague me prédisait l’arrivée de mes règles quasiment au jour près. C’est probablement ce qui m’a le plus impressionnée pendant toute l’année où je l’ai portée. Le suivi est clair, simple, rassurant, et permet aussi de mieux comprendre certaines fluctuations d’énergie ou de sommeil au fil du mois. J’ai compris que pour moi la phase lutéale (la semaine avant les règles) est la plus compliquée pour moi (baisse d’énergie, sautes d’humeur, irritabilité, fatigue…) bien plus que la semaine de mes règles et donc j’essaie d’adapter mon agenda quand je le peux.
Après, comme je ne suis pas en projet de grossesse et que j’ai un cycle déjà très régulier, ce n’est pas devenu un besoin essentiel pour moi au quotidien de suivre mon cycle. Mais je comprends totalement pourquoi cette fonctionnalité peut être précieuse pour beaucoup de femmes !



Je sais que la plupart des utilisateurs apprécient beaucoup la façon dont la bague analyse le sommeil sur la durée. De mon côté, je n’ai pas de gros problèmes de sommeil. Et quand je dors mal, je sais généralement très bien pourquoi : un dîner trop lourd, un sujet de travail qui tourne en boucle dans ma tête, un réveil nocturne suivi d’une incapacité à me rendormir… Alors honnêtement, recevoir dès le réveil une notification qui me confirme noir sur blanc que j’ai mal dormi n’aidait pas forcément à commencer la journée du bon pied. Au contraire. Il y avait quelque chose d’un peu anxiogène à démarrer sa matinée avec une mauvaise note. Et la bonne élève que je suis avait parfois du mal à prendre cette donnée avec suffisamment de distance !
Du côté des bémols, le suivi de certaines activités reste assez approximatif. Tout ce qui ne ressemble pas à du cardio “classique” est parfois mal interprété — voire complètement ignoré. Mes séances de Lagree chez Kore apparaissaient souvent comme du “repos”, ce qui est assez ironique quand on connaît l’intensité du cours. Même chose pour le Pilates ou certains entraînements plus axés sur le renforcement musculaire. À la longue, cela finit par fausser la lecture globale des données et créer une petite frustration, surtout quand on fait attention à bouger régulièrement sans forcément pratiquer un sport ultra cardio. Encore une fois, peut-être que le suivi aurait été meilleur si je l’avais porté à l’index.
Et puis, presque exactement au bout d’un an, la batterie a commencé à montrer de vrais signes de faiblesse. Au début, je rechargeais ma bague tous les cinq jours environ sans même y penser. Et puis progressivement, l’autonomie s’est effondrée : elle tenait à peine 24 heures. Exactement comme ma Apple Watch. Résultat, j’oubliais régulièrement de la recharger, surtout le soir, et certaines nuits ou journées n’étaient plus enregistrées. À partir du moment où les données deviennent incomplètes, tout le système perd un peu de son intérêt. Les analyses sont moins fiables, les tendances moins lisibles… et on finit par décrocher.
Depuis bientôt 6 mois, je ne porte plus ma Oura ring. Et elle ne me manque pas. J’ai le sentiment d’avoir intégré l’essentiel. Les données sont intéressantes, mais avec le temps, j’ai aussi compris leurs limites.
Je reste quelqu’un qui aime comprendre, tester, mesurer certaines choses pour progresser. Je tracke mes macros, j’aime observer l’impact de mon alimentation, de mon entraînement sur mon corps et mon énergie. Je trouve même que cela peut être extrêmement utile quand c’est bien utilisé. La Oura Ring a d’ailleurs parfaitement rempli ce rôle à un moment de ma vie : elle m’a aidée à prendre conscience de certains déséquilibres et à mieux comprendre mon fonctionnement.
Mais avec le temps, j’ai aussi réalisé que je n’avais pas envie que toute ma vie soit analysée en permanence. Aujourd’hui, je choisis davantage ce que j’ai envie d’optimiser - et ce que je préfère simplement vivre sans données ni notifications. Une fois certaines habitudes intégrées, j’ai besoin de retrouver quelque chose de plus intuitif, plus fluide, moins contrôlé. Je crois que la technologie peut être un formidable outil pour apprendre à se connaître. Mais à un moment, il faut aussi savoir refermer l’application et revenir à ses sensations !
Bon dimanche,
Mathilde
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Je l’ai achetée parce que j’ai decouvert son existence dans ton dernier livre! Je suis dans une phase où j'ai besoin de comprendre mon corps et son fonctionnement. Peut être que je saturerais, je ne sais pas, mais pour le moment j’en suis très contente. J’ai un cerveau qui angoisse vite quand il ne sait pas, donc plutot que de m'angoisser, je pense que les données répondent bien à mes interrogations. On verra avec le temps. Merci pour ton article!
Je suis très en phase avec cet article. Merci pour cet éclairage. J'ai également ce côté "bonne élève" et j'ai dû stopper l'usage d'applis du style tracker de sommeil... Le matin, je me réveillais et direct j'allais voir les statistiques, et les chiffres prenaient plus de poids que mes propres sensations et ressentis. Angoisse totale. J'ai donc décidé de garder mon appli de sommeil et de suivi de cycles, mais je ne les consulte qu'une fois par semaine, ou plus, pour faire un point sur mon état... et pour le reste j'essaie de décrocher. Je m'étais également beaucoup interrogée sur l'achat potentiel d'une Apple watch et j'ai décidé que "non" finalement (en plus ce n'est pas du tout mon style) ! Votre avis me conforte en ce sens :)